La cicatrice « souvenir » de votre césarienne n’est pas votre ennemie. On ne sait pas comment et on n’ose pas toujours toucher son corps après la naissance de son bébé. Omnibulée par votre vie de jeune maman, vous oubliez et évitez, à tord, de prendre soin de votre corps. Une césarienne vous laissera donc une empreinte qui nécessite quelques soins particuliers.

Image par Annalise Batista de Pixabay 
césarienne bébé

La césarienne

Donner naissance par césarienne n’est pas, en général, partie intégrante de notre programme de grossesse et souhait d’accouchement.

Il s’agit d’un acte chirugical donc non-naturel. Les raisons pour lesquelles cet acte est réservé sont multiples. Ainsi, le personnel de santé, obstétriciens en particulier, prennent au cas par cas chaque situation pour agir.

La césarienne programmée

Par exemple, la césarienne peut être programmée aux alentours de la 39ème semaine d’aménorhée.

Cette césarienne programmée sera réalisée le plus souvent sous anesthésie loco régionale (péridurale ou rachianesthésie). Par conséquent, les mamans restent conscientes pour l’arrivée de bébé. La présence des papas dépend des maternités et des cas.

Les obstétriciens sont amenés à choisir, parfois mais de façon non systématique, l’intervention dans ces occasions :

– Si votre bébé se présente en siège et que l’accouchement par voie basse semble compliqué (présentation, taille du bassin). A savoir qu’un accouchement par voie naturelle est souvent envisageable même pour une présentation en siège

– Dans le cas de grossesse multiple, jumeaux ou plus, selon le positionnement des jumeaux. Dans les cas de figure de grossesse gémellaire, la position du foetus A (ou 1) sera décisive. Si le premier bébé se présente par la tête, l’accouchement par voie basse peut être possible

– Si le poids estimé du bébé ou sa taille n’est pas compatible avec la morphologie du bassin de la maman (l’imagerie médicale pourra objectiver les mesures)

– Dans le cas où il y a déjà eu une césarienne

– Enfin dans d’autres situations particulières liées à la santé de l’enfant ou de la maman

La césarienne en urgence

Parfois l’accouchement par voie basse ne se déroule pas comme on le souhaiterait, et il faut alors agir en urgence pour protéger la maman et son (ou ses) bébé.

Dans un cas de pré éclampsie, l’équipe médicale est amenée à réagir vite.

La phase de travail peut se prolonger sans être efficace, créant fatigue importante, voire épuisement pour la mère, et signes de souffrance du bébé (ralentissement cardiaque, risque d’infection, etc.).

De plus, les contractions utérines peuvent également être inefficaces et la dilatation du col insuffisante.

Dans certains cas, bébé ne descend pas dans le bassin ou se positionne mal en s’engageant.

En outre, de temps en temps, un cordon ombilical anormalement court ou au contraire une, ou plusieurs circulaires du cordon autour du cou de bébé, peuvent devenir un obstacle trop important pour envisager de poursuivre par voie naturelle.

En conclusion, le choix de la césarienne ne doit pas être une solution de confort mais mûrement réfléchie et décidée par une équipe médicale réactive selon chaque situation en fonction de la souffrance fœtale et des risques encourus pour la maman.

Césarienne

Deux cicatrices

Lors de l’intervention chirurgicales, on peut distinguer deux cicatrices ou plutôt deux plans d’incision différents.

Le plan externe est cutané. C’est celui que vous allez voir et, également toucher.

Le second plan d’ouverture est, quant à lui, interne et utérin. Sa forme et son positionnement va dépendre de la situation et du terme de la grossesse lors de l’intervention. Ainsi, elle peut être réalisée fin de grossesse sur une partie de l’utérus.

La cicatrice externe

La génération de nos mamans, ou avant, présentait de grandes « balafres ». Non seulement cela portait vraiment une atteinte esthétique à l’abdomen mais qui, de surcroît, accroissait les risques de surinfection. En outre, cette incision n’est pas optimale pour la récupération de la sangle abdominale. Elle est responsable d’une gêne fonctionnelle prolongée chez la parturiente.

Heureusement, dans la plupart des cas de césarienne de nos jours, la cicatrice est devenue quasi invisible. Ainsi, l’intervention respecte au mieux le corps de la maman. Cela a pour effet de limiter les conséquences pour l’intervention et permettre une récupération plus rapide.

Selon le lieu de l’incision, de plus, le prochain accouchement pourra se faire par voie naturelle, alors que l’ouverture verticale impose, pour une seconde grossesse, la décision de la césa.

pansement céssarienne

La cicatrice, horizontale, de 10 à 15 cm, est réalisée au niveau des poils pubiens, sous la couture des sous vêtements. Ainsi, les femmes ne sont plus obligées d’adopter le maillot de bain une pièce à la plage!

Cette dernière sera refermée soit par des agrafes soit par du fil résorbable.

La cicatrice interne

C’est celle qui sera réalisé sur l’utérus lui même afin de pouvoir dégager bébé. Son positionnement dépend de divers facteurs dont le terme de la grossesse. En fin de cette dernière, l’obstétricien peut réaliser l’incision sur le segment inférieur de l’utérus. Cette partie de l’utérus située entre le col et le corps apparait avec la grossesse et disparait après. L’incision de l’utérus (hystérotomie) fragilisera moins les tissus et sera plus favorable pour une grossesse ultérieure.

Evolution de la cicatrice

Il faudra du temps pour que la cicatrice devienne moins visible et retrouve sa sensibilité. Par conséquent, il faut s’armer de patience et en prendre soin.

Tout d’abord, juste après l’intervention, vous ne la verrez pas car elle sera couverte d’un pansement. Ce dernier sera changé en cas de saignement important afin de réduire les risques d’infection. Dans certains cas, il est possible que l’obstétricien choisisse de placer un drain dans le but d’éviter la collation de liquide dans l’abdomen et pouvoir évacuer. La cicatrice sera rouge foncée pendant quelques temps.

Ensuite, soit la cicatrice peut être laissée à l’air libre pour sécher soit, de nouveau, protégée par d’autres pansements. Les points non résorbables ou agrafes seront retirés dans les 8 jours environ qui suivent l’accouchement.

Lorsque les croûtes vont partir, la peau va commencer à devenir plus rose.

Il faudra plusieurs mois avant qu’elle devienne blanche nacrée quasi invisible.

Au cours du processus de cicatrisation , la cicatrice peut gratter. Ceci est très désagréable d’autant que la pousse de nouveaux poils pubiens augmente cette sensation. Malgré cela, c’est tout à fait normal et bon signe. Il semblerait que les cellules communiqueraient entre elles pour s’organiser via des molécules histaminiques, entre autres. Ces molécules sont interprétées par le cerveau en créant la réaction de démangeaison que nous connaisssont.

Anomalie de cicatrisation

Heureusement en général, la cicatrice ne pose pas de souci et l’évolution est favorable dans les semaines qui suivent l’incision. Néanmoins, il se peut dans certains cas que vous présentiez des saignements anormaux au niveau de la cicatrice. Ces deniers peuvent nécessiter des soins adaptés. Il faudra, par conséquent, demander un avis à votre sage femme ou médecin afin d’éviter toute surinfection notamment.

De surcroît, la cicatrice peut rester rouge très longtemps, paraître chaude, inflammée voire gonflée, adhérente. Elle deviendra plus douloureuse sur une partie de son trajet.

En outre, votre corps peut produire trop de nouvelles cellules. Par conséquent, votre cicatrice peut devenir chéloïde, s’épaissir et devenir moins souple.

Enfin, certains points de sutures sont susceptibles aussi de ne pas disparaitre facilement pour le résorbable et risquer une infection ou inflammation réactionnelle.

Parfois, votre médecin sera à même de vous proposer en cas d’anomalies de cicatrisation des injections de cortisone, ou une révision (reprise) de la cicatrice.

(Autre lecture https://arylide.com/fr/strataderm/psychological-impact-scars/)

Comment protéger sa cicatrice après césarienne

Dans un premier temps, la sage femme ou infirmière vous donnera les consignes à la maternité pour les soins de pansement, quand prendre la douche et s’il faut faire sécher la cicatrice. Il est possible que l’on vous recommande l’emploi de steristrips (sutures adhésives stériles). Ils accompagneront la cicatrisation en rapprochant bord à bord la cicatrice.

Respectez bien les dates d’ablation des fils, si ces derniers ne sont pas résorbables et de changement de pansement.

Evitez absolument le port de charges! Faites vous aider pour bébé pendant quelques temps. Vous trouverez bien le papa, un papi une mamie ou une amie qui puissent aller chercher bébé dans son lit et vous l’emmener. Pas de port de cosy, bien trop lourd au début.

Si vous allaitez : comme les autres mamans, votre installation est essentielle. Prenez le temps de vous positionner convenablement. Cela évitera que cela tire sur votre cicatrice, qu’il n’y ait pas de zones de frottement. Votre coussin d’allaitement sera votre meilleur ami pour trouver la position idéale, abusez-en !

Pendant un an, n’exposez pas votre cicatrice au soleil. Elle risquerait de s’accentuer, de devenir plus visible par augmentation de sa pigmentation. Dans ce cas méfiez-vous des maillot de bain une pièce. Ils ne suffisent pas car souvent ils ne sont pas anti UV. Utilisez un écran solair total.

Gardez les bons réflexes lors de changement de position de ne pas forcer sur la sangle abdominale. Conservez bassin et épaule alignés. Prenez appui sur vos avant-bras ou basculez sur le côté pour passer de la position allongée à assis, puis debout. En outre, utilisez aussi vos bras pour vous aider à vous relever.

bébé pied

Massage cicatriciel

Au cours des consultations de post partum avec mes patientes, je constate souvent, qu’on ne leur a pas conseillée de masser leur cicatrice. Parfois, elle devient d’elle-même lors du processus de cicatrisation souple et indolore. Mais bien souvent, le massage vient libérer des tensions, adhérences et apporte un réel bien-être et soulagement aux patientes.

A chacune son rythme, et chaque corps est différent, par conséquent lors de la cicatrisation, les nouveaux tissus formés n’ont pas encore les mêmes propriétés que les tissus existants en terme de mobilité, souplesse, et également d’épaisseur et de vascularisation.

Une cicatrice adhérente et douloureuse sera à l’origine d’un inconfort et d’une restriction des mouvements.

Quelques séances de massage par un thérapeute ou un automassage améliorera la qualité et la souplesse des tissus cutanés rapidement. Il est possible de débuter 3 semaines, en général, après la césarienne, afin de laisser travailler le corps dans ses possibilités d’auto guérison.

Comment s’automasser ?

On va commencer par le plan cutané superficiel, c’est à dire la peau. Avec une pression légère et indolore, vous allez parcourir votre cicatrice. Au départ en rapprochant les bords de la cicatrice pour la raccourcir par section plus ou moins longue, puis en l’écartant, et en éloignant les bords. Faites ensuite des petits mouvements circulaires tout autour de la cicatrice.

Lorsque la cicatrice est moins sensible et plus souple, vous pourrez essayer de décoller délicatement le pli de peau afin de réaliser un effet « palpé roulé » entre deux doigts

Pour masser les plans profonds, il suffit d’appuyer un peu plus pour sentir le bourrelet cicatriciel en dessous. Exécutez des petits mouvements circulaires sans relâcher l’appui cutané.

Quels cosmétiques utiliser pour le massage?

Vous commencerez le massage sans crème ni huile pour que la peau ne glisse pas sous les doigts.

Dans un second temps au cours du massage, l’utilisation de crème, d’huile, sera un véritable allié. Elle facilitera la cicatrisation, soulager les tensions, tiraillements et démangeaisons. L’intérêt des cosmétiques est de favoriser l’hydratation des tissus et/ou réduire l’inflammation.

Je vous conseille donc de demander avis à votre pharmacien sur ce qui vous convient le mieux au moment où vous souhaitez débuter les soins.

Des crèmes et huiles cicatrisantes existent parfois enrichies en vitamines ou en acide hyaluronique. Celles à base de silicone agissent de manière ciblée et prépondérante sur l’inflammation (côté rouge, gonflé et douloureux de la cicatrice).

Méfiez-vous, cependant, des produits contenant des huiles essentielles, certaines d’entre elles ne sont pas conseillées au cours de l’allaitement.

Testez des cosmétiques de qualité ou simplement des valeurs sures et neutre comme l’huile d’olive, de paraffine, soja, amande douce ou encore la camomille si votre cicatrice ne présente pas de complications.

Alimentation et cicatrisation

Peut-on favoriser le processus de cicatrisation via l’alimentation en plus des crèmes cicatrisantes ? Oui bien sûr, c’est toujours un plus.

Rien de bien spécifique malgré tout, il est cependant important d’avoir une alimentation équilibrée riche en vitamines et en minéraux. L’hydratation et l’apport en protéines ne sont pas à négliger en particulier si les mamans allaitent.

L’impact psychologique de cette cicatrice de césarienne

On le sait que trop bien, la césarienne n’est pas le projet d’une future maman. Souvent elle est associée à une situation d’urgence et donc de stress.

Il existe donc un souvenir douloureux lié à l’intervention. A la fois le deuil de l’accouchement rêvé et imaginé mais aussi la mémoire d’un acte où on a eu l’impression que l’on vous arrache du ventre ou vole votre bébé. Tout cela dans des conditions difficiles d’angoisse combiné à un risque vital pour la maman et le bébé.

La cicatrice cutanée devient donc la mémoire visuelle et matérielle de cet évènement traumatisant.

De plus, pour beaucoup de femmes, l’aspect esthétique est important. Dans la plupart des cas, la cicatrice ne se verra presque plus mais il faut lui laisser le temps. Lorsque la cicatrice présente un défaut de cicatrisation avec de possibles douleurs surajoutées, la peur peut apparaitre. Les jeunes mamans cachent leur corps à leurs conjoints, n’osent plus se déshabiller, se laisser caresser ou observer. La perte de confiance en soi se retrouve chez beaucoup de mes patientes.

Enfin, il subsiste la peur d’une prochaine grossesse qui nécessiterait, elle aussi, l’intervention d’une césarienne et revivre le scénario à l’identique.

Rassurez vous donc les mamounes, une cicatrice, tout comme un diastasis abdominal, peut évoluer pendant plus d’un an et vous pouvez l’aider au cours du processus de cicatrisation. Les papas ne vous trouveront pas moins jolies, alors continuez à prendre soin de vous et de votre corps. La césarienne vous a permis de voir venir le plus beau des cadeaux, votre bébé. Imaginez-là comme un ruban autour d’un paquet souvenir de la naissance de votre enfant.

Je vous invite à consulter le site de l’Association Cesarine


Estelle
Estelle

Masseur kinésithérapeute diplômée d'Etat et ostéopathe , je suis surtout une maman passionnée par tout ce qui tourne autour de la natalité et parentalité.