Nombreuses sont les futures mamans qui souffrent d’infections urinaires au cours de la grossesse. De la colonisation urinaire à la pyélonéphrite en passant par la cystite gravidique, rien n’est à négliger, ni diagnostic ni traitement. Comment peut on les éviter ?

La vessie pendant la grossesse

Votre vessie est située dans votre petit bassin en avant de l’utérus et en arrière de la symphyse pubienne. C’est un organe creux appartenant à l’appareil urinaire. Au cours de la grossesse, différents paramètres physiologiques subissent des modifications avec une répercussion sur le système rénal et urinaire. Notamment, la vessie a un emplacement plus pelvien avant la grossesse et devient plus abdominale au fur et à mesure.

Les uretères sont étirés favorisant un reflux vésico-urétrale.

Début de gestation, ce n’est pas encore le poids du bébé qui pèse sur la vessie mais, au cours de ce premier trimestre, c’est le volume de liquide interstitiel et le volume sanguin de l’utérus qui viennent favoriser une compression de la vessie. L’utérus n’est pas encore rétro versé (basculé vers l’arrière du corps). La forme de la vessie se modifie et sous l’influence de la progestérone, les fibres musculaires se relâchent. De ce fait, la capacité de la vessie augmente et il y a une stase urinaire. C’est à dire que votre vessie ne se vide plus complètement car le muscle est relâché sous l’action des hormones, et ceci favorise le développement de bactéries. Les reins ont un rôle filtrant essentiel et une activité prépondérante.

Le pH des urines est augmenté, ceci a pour conséquence de réduire l’activité bactéricide de défense de l’urine.

De plus, lors de la grossesse, le système immunitaire physiologique est réduit, laissant une porte entrouverte aux bactéries.

Avec le raccourcissement progressif de l’urètre et l’augmentation des œstrogènes, la femme enceinte devient un parfait nid douillet pour le développement de germes pouvant conduire à une infection urinaire, avec des risques de cystite, pyélonéphrite pour la maman et risques d’atteinte infectieuse chez le fœtus.

Le diagnostic des infections urinaires

Dès votre première visite chez votre obstétricien ou gynécologue, ainsi qu’aux consultations mensuelles à partir du quatrième mois jusqu’à l’accouchement, votre praticien vous proposera de faire des BU (bandelettes urinaires) ou un ECBU (Examen Cytobactériologique Des Urines) selon les risques.

Les bandelettes urinaires sont à tremper dans l’urine fraîchement recueillie. Ainsi, il s’agit d’un examen rapide non douloureux, qui indique par une échelle de couleur la concentration et présence (ou absence) de bactéries. Selon les résultats de la bandelette, un ECBU peut être demandé.

L’ECBU, examen cytobactériologique des Urines, se pratique en laboratoire. Après avoir récupérer les premières urines du matin, une analyse sera effectuée. Cette dernière pourra, non seulement, déterminer s’il y a une infection, mais aussi identifier le germe responsable et sa concentration, déterminer la numération des hématies et des leucocytes, et la présence de cristaux.

Le plus souvent les germes responsables des infections sont l’E.coli (Escherichia coli, également appelée colibacille). Elles sont présentes communément dans le système intestinal. Mais on trouve aussi en second lieu, des bactéries type Staphylococcus saprophyticu (staphylocoque).

Les symptômes de l’infection urinaire, la colonisation

Le premier stade des infections urinaires est la colonisation urinaire gravidique.

Il y a colonisation bactérienne mais pas de symptômes associés. Quelque fois, cette infection est donc totalement muette. On la découvre lors des examens de contrôle.

Scanning electron micrograph of Escherichia coli

Les symptômes de la cystite aiguë gravidique

C’est le second stade des infections bactériennes urinaires.

Les symptômes associés sont principalement:

  • Douleurs ou brûlure en urinant
  • Une pollakiurie : envie fréquente d’uriner
  • Des urines qui sentent fort
  • Douleur dans le bas ventre
  • Possibilité de présence de sang dans les urines (hématurie)

La pyélonéphrite aiguë gravidique

Il s’agit du stade le plus important de l’infection qui nécessitera un traitement urgent et adapté.

Les symptômes sont les suivants:

  • On retrouve les mêmes signes : envie fréquente d’uriner
  • Douleur et brûlure à la miction
  • Douleur bas ventre
  • Urines mal odorantes
  • Possibilité de sang dans les urines

Mais aussi :

  • Fièvre associée
  • Douleur lombaire

Les traitements des infections urinaires

Selon les résultats de l’antibiogramme, votre médecin vous prescrira certainement un traitement par antibiotiques. Parfois, selon les cas, le thérapeute n’attend pas les résultats de l’antibiogramme pour mettre en place un traitement, cela dépend des signes de gravité et les risques encourus.

infections urinaires et bandelette urinaire
Analyse d’urine -bandelette urinaire

En effet, la prise en charge d’une colonisation, d’une cystite, ou d’une pyélonéphrite aigue (PNA) n’est pas la même. Il existe des études et des échelles d’utilisation des différents antibiotiques selon les cas, et s’il s’agit d’une première, seconde ou troisième attention.

Quel risque pour la future maman?

Le risque principal en plus de l’inconfort reste, pour la future maman, la pyélonéphrite aiguë gravidique. Et de ce fait, même la colonisation, nécessitera chez la femme enceinte une prise en charge antibiotique par prévention.

L’infection urinaire est aussi à différencier des mycoses vaginales, fréquentes chez la femme enceinte.

Quels sont les risques des infections urinaires sur le bébé ?

Chez l’enfant, le risque le plus important de cette contamination est la menace d’accouchement prématuré. On trouve parfois des troubles de la croissance du fœtus. Ces menaces sur la mère et l’enfant font de ces infections bactériennes un véritable souci au cours de la grossesse et nécessitent une vigilance particulière.

Comment réduire les risques d’avoir une infection urinaire enceinte ?

  • Tout d’abord l’hydratation doit être suffisante, 1,5L à 2L par jour. On conseille d’aller uriner après des rapports sexuels et de ne pas se retenir, bien vider sa vessie. Le thé, café et les épices modifieraient le ph et l’augmenteraient.
  • En cas de crises, en complément des antibiotiques, vous pouvez compléter votre apport hydrique par des jus de citron, orange et pamplemousse qui sont acidifiant, la baisse du ph n’étant pas favorable aux germes.
  • Suspendez les laitages
  • Mais favorisez la canneberge (cranberry). Attention au jus de fruits trop sucré, choisissez plutôt du cranberry en gélule. Les bactéries aiment le sucre alors n’en abusez pas sinon, vous favoriserez leur développement.

Homéopathie et infection urinaire

N’hésitez pas à demander à votre médecin ou pharmacien un traitement homéopathique pour compléter celui antibiotique.

  • Colibacillinum : sa prescription est habituelle pour éviter un nouvel épisode après traitement antibiotique, 6 granules en 7 CH une fois par semaine pendant quelques mois afin de vous protéger
  • Cystocalm : composition homéopathique de 6 remèdes, pratique et surtout très efficace surtout en cas de douleur, brûlures. Prendre 5 gouttes sur la langue toutes les 10 mn tant que dure la dysurie (difficulté à uriner)
  • Staphysagria 15 CH : bien souvent la cystite est une maladie, aussi psychosomatique. À prendre en doses (remède de l’indignation, de la révolte).

Les infections urinaires sont courantes chez les femmes, en particulier lors de la grossesse du fait des changements hormonaux et physiques. De la colonisation jusqu’à la pyélonéphrite aiguë gravidique, vous ne devez rien négliger et avoir recours à une consultation médicale et traitement en cas de suspicion. Les conseils d’hygiène hydrique et alimentaire peuvent vous aider à limiter les risques alors, prenez soin de vous !

Articles : Recommandations de bonne pratique, INFECTIONS URINAIRES AU COURS DE LA GROSSESSE, Société de Pathologie Infectieuse de Langue Française Décembre 2015

Infection urinaire et grossesse – CNGOF, Chapitre 27 Item 27 – UE 2 –

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Estelle
Estelle

Masseur kinésithérapeute diplômée d'Etat et ostéopathe , je suis surtout une maman passionnée par tout ce qui tourne autour de la natalité et parentalité.