Face au développement moteur de l’enfant, chaque parent s’interroge sur les étapes qui lui permettront un jour de se tenir debout et marcher. A partir de quand bébé se tient-il assis seul? Quand est-il capable de se mettre assis tout seul?

bébé assis: quand bébé est il capable de se mettre assis
Bien assis en équilibre !
(Image parStockSnap de Pixabay )

La vision pédiatrique actuelle et les mauvaises habitudes ancrées

Maintenant, il faut également que les parents et professionnels de la petite enfance en aient conscience et évoluent dans leur approche.

La vision du développement de l’enfant n’est pas si récente, heureusement. Elle a commencé, notamment, avec la motricité libre en 1960 avec le Dr Emmi Pikler à Budapest. En travaillant dans une pouponnière, elle a constaté que les enfants pouvaient très bien développer leur motricité sans notre intervention. Bien sûr, mais dans nos habitudes, ce que l’on a toujours vu et fait, il y a beaucoup d’erreurs et de méconnaissances. On s’imagine encore bien souvent qu’un enfant est capable de se tenir assis quand il tient entre des coussins calé au sol.

Vous allez me dire qu’il ne sert à rien de savoir comment faire pour qu’un enfant tienne assis, puisque cela se fait tout seul ! Et bien oui, je suis d’accord totalement. Sauf que, dans les faits, la plupart des bébés sont posés assis de très longues périodes, sur plusieurs mois. Mais ils ne sont pas capables réellement de se tenir assis. Les parents les placent dans les transats, les chaises hautes, calés avec des coussins dans les parcs ou au sol, trop longtemps, trop tôt. Alors, on s’imagine que c’est l’enfant qui veut se relever car il soulève la tête du sol. Et puis, on se dit qu’il a envie de voir le monde et qu’il faut le mettre assis pour le verticaliser, qu’il puisse suivre nos mouvements. Cependant le plus souvent, on pense que l’on agit au mieux pour son bébé, et ce n’est pas forcément l’aider.

A partir de quel âge, le bébé peut il se mettre assis?

Voilà, c’est la véritable question ! Ce n’est pas de savoir s’il peut se tenir caler entre deux coussins. Mais à quel moment bébé peut se mettre assis et revenir à 4 pattes ou à plat ventre?

Le développement d’un enfant lui est propre et unique. Ainsi, chaque bébé évolue à son rythme. Pourtant, chacun progresse sur la même trame quelque soit la culture, le pays d’origine, son environnement.

Evidemment, certaines pathologies peuvent modifier cette chronologie. Ainsi, lorsqu’il y a des blocages (torticolis congénitale, dysplasie de hanche), des troubles de tonicité (hypo ou hypertonique), il peut y avoir adaptation.

En moyenne, la majorité des bébés sera capable de se mettre assis autour des 8 mois.

Quand mon bébé sera-t’il prêt pour s’assoir?

  • Tout d’abord, beaucoup de parents ont une idée reçue concernant l’acquisition de la position assise. En effet, la majorité croit que les enfants apprennent à se mettre assis depuis la position sur le dos.
  • Or, bien avant de se tenir sur les fesses, nos chers bambins vont passer de nombreuses étapes.
  • En résumé, l’enfant doit être en mesure de passer de la position à plat sur le dos à plat ventre. Il doit pouvoir se tourner d’un côté ou de l’autre lorsqu’il est allongé. Bébé va pouvoir dégager ses bras à plat ventre, et bien sûr relever sa tête.
  • Avant de passer assis, le jeune enfant va tonifier son dos et préparer ses jambes. Bébé va pouvoir ramener ses jambes sous lui.
  • Ainsi, pour se mettre assis depuis la position ventrale, bébé pousse sur ses bras, ramène ses jambes fléchies en rotation. Il sera à même de ramper. Votre enfant prendra ainsi, la posture assis plage avec une jambe en rotation médiale, l’autre en rotation latérale. Puis, il sera capable de se mettre assis.

Pourquoi est-il important que votre bébé découvre les autres étapes avant d’être assis?

Les étapes de relever la tête, du retournement, de ramper, vont permettre aux muscles de bébé de se tonifier suffisamment.

Une fois assis, votre enfant sera apte à découvrir son centre de gravité et ses premières notions d’équilibre. Il pourra saisir des objets devant lui ou à côté de lui et retrouver son équilibre plus aisément.

Quels sont les risques d’installer bébé assis trop tôt?

Lorsqu’on place les petits assis, alors qu’ils ne sont pas capables de changer de position ou que leur tonus axial est insuffisant, cette positon devient contraignante pour lui.

  • La première des conséquences apparente est leur confort, la position est fatigante. Ils n’ont pas la possibilité de changer leurs appuis fessiers. Imaginez-vous avec des muscles insuffisamment musclés tenir assis sans soulager vos fesses, sans pouvoir bouger votre buste !
  • Ensuite, votre bébé assis prématurément, ne peut pas découvrir comment jouer et attraper ses pieds. Toutes les étapes sur le dos et le ventre, au sol, vont donner une somme incommensurable d’informations sensitives à bébé. L’enfant a besoin de découvrir qu’il peut bouger son bassin et ses épaules, ensemble ou en sens inverse. C’est ce que l’on appelle la dissociation des ceintures.
  • En outre, ce n’est pas parce qu’il essaie de soulever la tête que votre enfant veut et peut s’assoir. Il change juste de position et entraîne ses muscles.
  • Aussi, on voit souvent des bébés assis, le dos tout arrondi incapable de se redresser, avachi. Ceci est néfaste pour leur croissance et leur posture axiale.
  • De ce fait, au niveau digestif, l’enfant « replié » peut être inconfortable, et avoir des reflux.
  • Les muscles postérieurs de la cuisses (ischio jambiers) sont trop allongés assis. Ils peuvent manquer de tonus pour permettre à votre enfant de se relever, de pousser sur ses jambes.
  • Du même ordre, on retrouve des raideurs dans les hanches. Le petit passe trop de temps en flexion de hanche, alors qu’en passant aussi du temps sur le dos ou le ventre, il sollicite ses hanches en extension. Cette extension est l’étape préliminaire au ramper, 4 pattes et bien sûr la position debout.

Alors quel est le mieux pour bébé?

Bien sûr, nous avons envie de montrer à notre bébé le monde qui l’entoure. Il a soif de découvrir un autre point de vue. L’idéal est alors de favoriser le portage. Vous pouvez installer votre bébé dans son transat sur de courtes durées sans problème.

Dans le principe, si on veut faciliter le développement moteur de notre enfant, laissons libre de bouger, découvrir son corps et ses capacités. Il parait aberrant de le bloquer avec des coussins dans la même position, vous ne trouvez pas cela logique ?

Donnez la possibilité à votre enfant de découvrir comment faire ! Vous pouvez jouer avec lui pour l’accompagner à découvrir ses nouvelles capacités. Laissez lui le temps !

jumeaux à plat ventre A chacun sa motricité!
A chacun sa motricité !

Si votre bébé est tout petit…

Les recommandations pour éviter la mort inattendue du nourrisson sont de faire dormir les bébés sur le dos dès la naissance. Il faut donc profiter des phases d’éveil pour le mettre régulièrement à plat ventre.

La position ventrale est fatigante et parfois difficile, voire inconfortable au début chez le nourrisson. Il faut donc privilégier des phases courtes mais fréquentes. Mieux vaut 1 ou 2 minutes à chaque change sur le ventre que 10 minutes en une seule fois. Votre bébé appréciera de plus en plus cette position si vous lui proposez de façon régulière et non contraignante.

Attention : évitez de place bébé à plat ventre juste après le biberon pour éviter les régurgitations.

Si votre bébé a plus de 4 mois

Dans le cas où vous n’avez pas trop mis votre enfant à plat ventre, il va falloir le rassurer en position allongée. En fait, petit à petit il va falloir qu’il apprenne à appréhender la position à plat ventre. Placez des jeux devant lui ou sur les côtés pour le stimuler à tourner la tête de chaque côté. Ensuite, lorsqu’il le pourra, il attrapera l’objet de son côté, puis avec le bras opposé. Cela lui permettra d’amorcer le « roulé-boulé » et se mettre sur les côtés, puis se retourner.

Allongez-vous au sol à ses côtés sur le dos tout d’abord à son contact pour le rassurer. Jouez avec lui au sol. Votre petit pourra acquérir à son rythme les différentes étapes.

N’hésitez pas si votre enfant a plus de 6 mois, et que vous n’avez pas fait tout cela, à revenir « en arrière ». C’est à dire lui proposer des jeux aux sols sur tapis, stimuler ces changements d’appuis et son équilibre.

Limiter la position assise

Si l’enfant ne peut se mettre assis ou quitter la position seul, éviter de laisser de façon prolonger votre bébé dans le transat, le cosy ou la chaise haute. De ce fait, donner lui la possibilité et la liberté tant que possible de se mouvoir au sol. Ceci permettra en outre de limiter les plagiocéphalies ou syndrome de la tête plate du nourrisson.

Vous pouvez, bien sûr, installer votre enfant pour le nourrir ou quelques minutes, sans souci, dans un siège incliné ou un transat.

En poussette, on conseille de ne pas retirer la nacelle avant 6 mois avant d’installer bébé assis en position incliné au départ puis plus redressé dans la poussette.

Dans la chaise haute, c’est la même chose. Vous pouvez, sur de courtes durée, utiliser la position inclinée de votre chaise pour pouvoir mettre vraiment assis bébé. Ceci dès qu’il aura acquis la position et que son tonus lui permet de se redresser assis et ne pas être totalement avachi, voire incliné dans son siège.

Ne pas l’aider à se relever en lui tirant les bras

Effectivement, nous avons souvent tendance quand bébé nous tend ses bras et s’accroche à nos doigts à l’aider à se redresser ainsi. Le risque en le faisant régulièrement, c’est que votre enfant va prendre une mauvaise habitude en essayant de passer assis depuis la position allongée sur le dos. Ce n’est pas le bon schéma car bébé doit acquérir la dissociation des ceintures, les basculements, le renforcement des muscles extenseurs en position ventral afin d’être prêt pour les étapes suivantes tel que se relever, faire du 4 pattes puis marcher.

Placer l’enfant trop tôt assis peut créer des peurs

Etant donné que l’enfant n’est pas capable de gérer son équilibre assis, il risque de se sentir en insécurité. Les instabilités en avant, arrière, et latérales, peuvent être vécues avec appréhension pour le bébé qui ne saura pas reprendre une position en équilibre sur ses fesses s’il vient attraper un jouet en avant ou sur les côtés.

Il peut soit se raidir pour éviter la chute, soit prendre de mauvaises postures.

La motricité libre

Le Dr Emma Pikler puis de nombreux travaux, dont ceux de la célèbre approche du médecin italien Maria Montessori, prouvent le bien fait de laisser nos enfants évoluer à leur rythme. Pour le développement, tonus, posture, motricité et évolution physique et psychologique, faisons confiance à nos enfants. Sauf problème particulier, ils arrivent, quand ils sont prêts, à avancer pas à pas pour franchir les différentes étapes complexes de leur croissance.

bébé a plat ventre motricit libre
Laissez nos bébés faire ! (photo par
Image parRegina Petkovic de Pixabay )

Ne devenons pas acteur, mais spectateur de toutes ces acquisitions extraordinaires ! Admirons ces progrès chaque jour que nos enfants réalisent sans notre intervention.

De plus en plus de crèches, structures d’acceuil et professionnels de l’enfance, utilisent ses principes de motricité. N’hésitez pas à leur demander conseils.

Et oui, chers parents, laissons faire nos bébés. Ils savent bien mieux que nous ce qui est bon pour eux !

Pour aller plus loin je vous conseille :

  • les livres de Maria Montessori et d’Emma Pikler

Estelle
Estelle

Masseur kinésithérapeute diplômée d'Etat et ostéopathe , je suis surtout une maman passionnée par tout ce qui tourne autour de la natalité et parentalité.